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Le groupe FTP-MOI des Espagnols de Sées

  • Période(s) : De 1914 à nos jours
Sées accueille la principale communauté espagnole du département, logée d’abord au préventorium puis au Petit Séminaire. Plus tard, certaines familles s’installent en ville. On compte parmi ces réfugiés d’anciens combattants de l’armée républicaine, des militants syndicaux, communistes ou anarchistes, tous résolument antifascistes. Aussi, dès le début de l’Occupation allemande, se constitue à Sées un groupe bien décidé à agir, d’une manière ou d’une autre, contre les Allemands. Le noyau de base se forme autour d’Angelo Ruiz et Louis Guinar, membres de la Ligue des mutilés et invalides de la guerre d’Espagne : créée en 1937 et proche du parti communiste espagnol en exil, cette association constitue un premier cadre d’organisation et de solidarité clandestines.

Au printemps 1941, après l’attaque allemande contre l’URSS, les différentes organisations communistes clandestines s’engagent dans la lutte contre l’occupant, d’abord par la distribution de tracts et de journaux clandestins. Les Espagnols de Sées intègrent peu à peu ces différentes structures. Ils constituent ainsi une section locale – clandestine, bien sûr – de l’Union Nationale Espagnole. Créée en 1941, après l’attaque nazie contre l’URSS, par les membres du Parti Communiste espagnol exilés en France, cette organisation cherche à unir les différentes formations de gauche dans la lutte contre le nazisme, conçue comme une étape préalable à la lutte contre Franco.

Par ailleurs, les Espagnols de Sées vont aussi s’inscrire dans les structures du Parti communiste français. Avant la guerre, déjà, les communistes étrangers étaient regroupés dans le cadre des unités de la Main d’œuvre Immigrée (MOI). En avril 1942, le parti crée une branche armée, les groupes de Francs-Tireurs et Partisans (FTP), voués à la lutte contre l’occupant ; les unités MOI deviennent en mai 1943 les FTP-MOI. Des groupes de FTP-MOI sont créés à Sées comme à Flers. Leur action devient plus offensive (vols d’explosifs, sabotages, etc.) pour aller jusqu'à la lutte armée après le Débarquement.

Avant même l’Occupation, les exilés espagnols étaient déjà soumis à une surveillance très étroite. Aux yeux de la police, ils sont en effet doublement suspects, en tant qu’étrangers, et en tant que militants d’extrême gauche avérés ou supposés. La mise en place du régime de Vichy alourdit encore la surveillance et entraîne l’arrestation « préventive » de plusieurs d’entre eux.
Les documents présentés ici permettent d’évoquer différentes personnalités de ce groupe, leurs actions et leur itinéraire de Résistance.