Francisco Ramon, mort à la prison d'Alençon
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Usage pédagogique
- Date du document : début des années 1940
- Référence : Arch. Dép. Orne, 40 Fi 79
- Matière(s) : Histoire
- Auteur(s) : auteur inconnu
- Lieu(x) : Alençon , Sées
- Période(s) : De 1914 à nos jours
- Type(s) de document : Photographie
Présentation :
Nous présentons ici une photographie de Francisco de Paula Ramon Martinez conservée aux Archives départementales de l’Orne. Il fait partie du groupe des résistants espagnols de Sées victimes de la répression de Vichy.
Francisco Ramon est né le 20 mars 1904 à Valence. Dans la notice du Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie qu’il lui a consacré, Sébastien Beuchet écrit qu’il est « fort probable qu’il fasse partie des Espagnols ayant combattu dans l’armée Républicaine pendant la Guerre d’Espagne. » Il est aussi fort probable qu’il soit arrivé en France lors de la Retirada en février 1939 et qu’il soit passé par l’un des camps où la France a entassé les réfugiés républicains espagnols.
Arrivé à Sées à une date inconnue, il fait partie avec Luis Guinar, Angel Ruiz, Pedro Miquel et quelques autres du premier noyau de résistance organisé par les Espagnols. Comme souvent pour la Résistance, nous n’avons pas de document qui permette d’établir avec exactitude quel fut leur activité. On sait toutefois qu’ils sont entrés en contact avec Paul Saniez qui, à partir de juin 1941, organise les réseaux communistes clandestins dans la région de Flers. Selon Saniez (voir son rapport présenté plus haut), les Espagnols de Sées organisent très tôt la diffusion de tracts anti-allemands et le « sabotage de la machine de guerre hitlérienne ». Ils veillent aussi à ce que les familles des camarades internés en France ou déportés reçoivent un soutien matériel.
Les Espagnols de Sées sont étroitement surveillés par la police de Vichy. Ainsi, Francisco Ramon est signalé dans le rapport des RG du 8 septembre 42 (voir plus haut) comme un militant de la CNT (Confédération Nationale du Travail, syndicat anarchiste). C’est peut-être sur la base de ce rapport que le 24 septembre, Georges Bernard, le préfet de l’Orne, décide de l’enfermer au camp de Voves (Eure-et-Loir), en même temps qu’Angel Ruiz et Luis Guinar (voir document téléchargeable ci-dessous en pdf).
En effet, depuis un décret-loi de 1939, un simple arrêté préfectoral, sans procédure judiciaire, permet le placement en détention administrative de tous les individus considérés comme « dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique. » Ce dispositif mis en place par la IIIe République est largement utilisé par Vichy à l’encontre de ceux - ils sont nombreux - que le régime soupçonne de lui être hostiles.
Mais Francisco Ramon n’arrivera jamais au camp de Voves. Arrêté à Sées le 25 septembre, il est d’abord enfermé à la prison du Château des Ducs à Alençon, où il subit des sévices. Dans sa notice, Sébastien Beuchet précise : « Victime de mauvais traitements, il est transféré le lendemain à l'hôpital où il décède le 27 septembre à 21h30. Selon l’attestation du directeur de l’hôpital d'Alençon, sa mort serait consécutive à un « œdème aigu du poumon » ». Malgré les tortures, Francisco Ramon n’a pas livré à la police d’informations qui auraient permis d’incriminer ses camarades Ruiz et Guinar, et cela leur permettra d’être libéré de Voves en février 1943 (voir les notices précédentes).
AD28_106w4_arrestation Francisco Ramon.pdf