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Cristobal Robles, un résistant mal connu parmi beaucoup d'autres

  • Usage pédagogique Usage pédagogique
  • Date du document : 4 & 11/02/1943
  • Référence : Arch. Dép. Orne, 1 W 38
  • Matière(s) : Histoire
  • Auteur(s) : Ministère de l'Intérieur , René Kettner , Renseignements généraux
  • Lieu(x) : Flers , Ger (Manche) , Lonlay-l'Abbaye , Saint-Clair-de-Halouze , Silly-en-Gouffern
  • Période(s) : De 1914 à nos jours

Présentation :

Nous présentons ces documents pour illustrer les difficultés que l’on rencontre parfois pour préciser la participation de certaines personnes aux activités de Résistance. Les deux documents sont des rapports rédigés par l’inspecteur Kettner qui est en charge des questions politiques dans les services des Renseignements Généraux d’Alençon. Ils sont rédigés dans le cadre de l’enquête et des poursuites engagées après le vol de 250 kg d’explosifs dans la dynamitière de la mine de Saint-Clair-de-Halouze (voir documents précédents). Le courrier du 4 février 1943 présente une liste de personnes considérés comme suspectes par les Renseignements Généraux, dont Cristobal Roblès, qui fait l’objet d’une enquête complémentaire présentée dans le courrier du 11 février.

L’inspecteur Kettner soupçonne Cristobal Roblès d’être lié à l’affaire du vol des explosifs de Saint-Clair-de-Halouze. Les informations rapportées par ses indicateurs ne « lui sont pas favorables », c'est-à-dire que Cristobal Roblès est identifié comme un adversaire politique de Vichy. Cependant, l’inspecteur ne peut en établir la preuve même s’il est probable qu’il ait vu juste. On note ainsi que Cristobal Roblès a travaillé dans la carrosserie Suriray à Flers et dans les chantiers de bucheronnage de l’entreprise Hernandez à Silly-en-Gouffern. Or, José Espeletta, qui a guidé les résistants parisiens venus cambrioler la dynamitière, a suivi exactement le même parcours. Pedro Peregort, l’autre résistant espagnol impliqué dans le cambriolage, travaillait également pour l’entreprise Hernandez à Silly-en-Gouffern. Kettner signale aussi que Roblès est passé par Lonlay-L’Abbaye et Ger (Manche) où Espeletta et Peregort ont également séjourné. Enfin, le nom de Cristobal Roblès figure dans la liste des FTP établie par Paul Saniez (voir le rapport présenté dans ce chapitre). Il est donc très vraisemblable que Roblès ait été associé aux actions menées par Espeletta et Peregort.

On voit bien cependant que tout cela ne nous apprend rien de précis. Cette incertitude est fréquente quand on cherche à établir, 80 ans après, les faits de résistance. Bien sûr, on identifie les principaux acteurs ; de même, les coups d’éclat et les grandes opérations sont en général bien documentés, tout comme les arrestations, les déportations et les exécutions. Mais tous les résistants n’ont pas été arrêtés, fort heureusement, et la plupart d’entre eux n’ont pas joué un rôle de premier plan. C’est vrai aussi pour les résistants étrangers. Cristobal Roblès est donc l’un de ces courageux inconnus étrangers qui a contribué à la Libération de la France.

Les deux rapports complets sont disponibles ci-dessous au format pdf.

Thématique(s) :
Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire