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Les étrangers dans la Résistance (thème CNRD 2025-2026)

  • Période(s) : De 1914 à nos jours
Le CNRD invite cette année les élèves à travailler sur « les étrangers dans la Résistance. » Pour aborder ce thème à travers des exemples locaux, comme le recommande la lettre de cadrage publiée sur Eduscol, nous proposons ici une sélection de documents conservés aux Archives départementales de l’Orne (à quelques exceptions près). Les documents sont libres de droit, téléchargeables, transcrits quand c’est nécessaire et contextualisés. Nous rappelons que nous pouvons recevoir les groupes qui souhaiteraient travailler sur les documents originaux car rien ne remplace le contact direct avec l’archive.

L’examen des fonds (qui ne prétend pas à l’exhaustivité) a permis d’identifier un peu plus d’une quarantaine d’étrangers impliqués directement dans les activités de la Résistance dans le département, soit un peu plus de 2 % de l’ensemble des résistants si l’on considère que ces derniers étaient 1800 environ (sur une population de 269 000 ornais en 1936). Cette proportion n’est pas aussi faible qu’il y paraît car les étrangers étaient alors très peu nombreux dans l’Orne. Ainsi, comme dans le reste du territoire français, les étrangers ont joué dans notre département un rôle important mais peu reconnu.
Les trois quarts de ces étrangers résistants sont des républicains espagnols. Au début de l’année 1939, après la victoire de Franco, ils se réfugient en France lors de la Retirada. Les femmes et les enfants sont dirigés vers les centres d’hébergement déjà mis en place dans le Nord-Ouest de la France dès l’arrivée des premiers réfugiés espagnols en 1937. Dans l’Orne, c’est à Sées que se trouve le principal site d’accueil. Les hommes quant à eux sont d’abord internés dans des camps de rétention situés dans les départements du Sud-Ouest ; certains seront ensuite affectés dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers et d’autres pourront rejoindre leur famille dans les centres d’hébergement. C’est ainsi que se constitue dans l’Orne une petite communauté d’Espagnols expatriés, fortement politisée et unie par plusieurs années de lutte contre l’extrême-droite franquiste et ses alliés allemands et italiens. Pour beaucoup d’entre eux, l’entrée en résistance sera donc la poursuite de cet engagement.
Les autres résistants étrangers identifiés dans les archives départementales forment un groupe beaucoup plus hétérogène. Ce sont des individus isolés dont nous ne parvenons pas toujours à restituer le parcours avec certitude. La plupart sont arrivés en France avec la Wehrmacht et ont rejoint la Résistance suite à une évasion ou une désertion. La diversité de leurs situations reflète la diversité des motivations de l’engagement dans la Résistance.

Quelques mots pour finir sur les archives que nous avons consultées : on peut les classer en trois catégories. On trouve d’abord les documents produits par les autorités policières et judiciaires du régime de Vichy, qui sont donc exactement contemporaines des activités de Résistance qui nous intéressent. Ce sont le plus souvent des procès-verbaux ou des rapports rédigés dans le cadre d’enquête visant à surveiller et ou arrêter les opposants ou résistants réels ou supposés. Ces documents nous fournissent des noms, des dates et décrivent les faits. A ce titre, ils sont précieux mais une bonne partie de l’activité des résistants leur échappe parce que ces derniers prenaient soin justement de la dissimuler. Lorsqu’ils surgissent dans les archives, c’est à l’occasion d’une opération faite au grand jour ou lorsque leurs auteurs sont arrêtés ou identifiés.

Deuxième catégorie d’archives : celles produites immédiatement après la guerre dans le cadre des enquêtes de l’épuration. Les services de police cherchent à établir les faits de collaboration et leurs investigations nous fournissent parfois de précieux témoignages.

Enfin, les Archives départementales conservent de nombreuses sources « secondaires », produites bien après les faits. Ce sont par exemple les témoignages des anciens résistants ou encore les synthèses produites par Jean Vigile, correspondant pour l’Orne du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale pendant les années 1970 et 1980. Ils permettent de reconstituer les actions, l’organisation, la chronologie de la Résistance.

Pour les questions relatives à la définition du sujet, on se reportera à la lettre de cadrage qui propose aussi des éléments bibliographiques. On pourra aussi consulter avec profit le DVD La Résistance dans l’Orne édité en 2005 par l’AERI ainsi que le Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie.