Aller au contenu principal

Juin 1793 - juillet 1794, l'Orne suit les montagnards

  • Période(s) : Révolution et Empire (1789-1815)
Les montagnards ont l’appui des sans-culottes parisiens. Le gouvernement, dominé par Robespierre, prend des mesures exceptionnelles : c’est la Terreur. Les Vendéens, battus à Cholet le 17 octobre, entreprennent la « virée de galerne », se dirigent vers Granville, redescendent vers Mayenne, sont mis en déroute au Mans les 12 et 13 décembre. À l’automne, les frontières sont libérées. Les sans-culottes ont hâte de solution contre la cherté et la disette. Hébert s’en fait le porte-parole, alors que les « Indulgents » Danton et Desmoulins souhaitent la fin de la Terreur. En mars et avril 1794, ils sont jugés et exécutés.

Vaincre les fédéralistes et les Vendéens

Pour faire appliquer les décisions dans l’Orne, le Comité de Salut public envoie des représentants en mission Letourneur député de la Manche, l’avocat Garnier de Saintes. La mobilisation est générale. Le 23 août 1793, tous les célibataires et veufs sans enfants de 18 à 25 ans sont requis pour l’armée du Nord. Les filles fabriquent des chemises, chaque cordonnier fournit cinq paires de souliers.

Le 13 juillet 1793, les fédéralistes normands sont dispersés à Brécourt dans l’Eure. Ce 13 juillet, Charlotte Corday, native de l’Orne, liée aux girondins de Caen, se rend à Paris et assassine Marat, montagnard influent auprès du peuple. En octobre, Valazé, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, préfère se suicider en pleine salle. Des notables sont destitués : Vieihl, maire d’Alençon, Vangeon, président de l’assemblée départementale.

De nouveaux soldats partent contre les Vendéens. Le tribunal d’Alençon juge des Vendéens faits prisonniers à Mayenne et au Mans. Fin 1793, plus de 170 sont exécutés.

Appliquer les décisions des montagnards

Une vingtaine de sociétés populaires sont actives, principalement dans les Plaines et le Perche. Elles encouragent les municipalités à aider les indigents, à obliger les paysans à livrer le blé sur les marchés locaux, à appliquer la politique antireligieuse. Les membres de la Société populaire de Trun-la-Montagne ou de Maurice-du-Bon-Air (Saint-Maurice-lès-Charencey) sont principalement des petits patrons ou des ouvriers, et pour un tiers instituteur, notaire, médecin… La participation paysanne est plus faible. La mobilité géographique entretient celle des idées : un tiers des adhérents n’est pas né sur place.

À Alençon, pour le culte de la Raison, une fête est organisée le 30 novembre et Notre-Dame est transformée en temple le 19 janvier 1794.